Les recos culturelles de la critique de mode et autrice Dita

 

Bonjour !


Elle a commencé en marmonnant « Vous me faites tous chier ! » au début de ses vidéos sur les réseaux sociaux, dans lesquelles elle passait au crible les scandales du monde de la mode. Et pour cause, quand vous êtes-vous souvenu·es d’un vêtement pour la dernière fois ? Pas de la célébrité au premier rang du défilé, pas du milliardaire qui a racheté la maison, ni du nom du directeur artistique — vous savez, ces très majoritaires « hommes qui habillent les femmes ». Dita, la chroniqueuse de mode forte de son franc-parler, s'empare de la question dans son premier livre, Démodé. Dédié aux amoureux·ses de « la mode, la vraie ! », je lui demande ce que cela peut bien être. « Ça reste celle qui commence par un vêtement et une obsession suffisamment forte pour passer des semaines à lui donner une forme. C’est aussi celle qui naît dans une chambre, un club, une sous-culture ou un atelier, avant que l’industrie n’arrive avec son gros camion pour en récupérer les codes. » Dans cette Gaze Letter, elle présente les œuvres qui l’ont influencée. On aurait envie de dire qu’elles sont intemporelles, mais le terme est un peu galvaudé.— Mélissa Chidiac

« PARIS IS BURNING »,
JENNIE LIVINGSTON (1990)

Paris Is Burning de Jennie Livingston montre comment des gens à qui le monde refuse énormément de choses finissent par fabriquer leurs propres familles, leurs propres codes et leur propre idée de la beauté. J’y ai compris très tôt que le vêtement pouvait devenir une langue, une armure, parfois même une manière de récupérer symboliquement ce qu’on vous avait refusé dehors. Et j’aime que le film reste complexe : il émerveille, il dérange, il oblige aussi à réfléchir à celui qui regarde et à celui qui raconte.


«TANT QUE JE SERAI NOIRE », 
MAYA ANGELOU (1981)

Avec cette autobiographie, Maya Angelou fait entrer l’Histoire dans un récit intime sans jamais annoncer qu’elle est en train de faire de la politique. Elle peut être brillante, amoureuse, perdue, forte, naïve, et rien de tout cela ne diminue son intelligence ni sa dignité. Elle m’a beaucoup appris sur une chose : être forte ne devrait jamais signifier devenir invulnérable.


 
 
 
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Les recos culturelles de l’autrice Claire Touzard