Les recos culturelles de l’autrice Claire Touzard
Bonjour !
Rouvrons nos cahiers, je vous prie. Cette rentrée, on est toujours en furie, pas vous ? Alors, il nous a semblé que pour rester bien affûtée, commencer l’année avec Claire Touzard était une riche idée. L’autrice, que vous avez peut-être lue sur la place dans les pages de Gaze cet été, a secoué ses lecteur·ices avec son dernier essai « Folie et résistance » qui aborde les questions de santé mentale dans un récit intime et politique. Elle replace avec brio notre « folie » au rang d’outil de résistance et de libération, contre les systèmes d’oppression qui sont, eux, bien loin d’être raisonnables. Dans sa bibliothèque, on trouve des pépites et des valeurs sûres, sur un fond de hip-hop. Autant de langages qu’il en faut pour faire entendre sa révolte. — Mélissa Chidiac
« LEILA ET LES LOUPS », HEINY SROUR (1984)9)
Récemment, j’ai adoré Leila et les loups de Heiny Srour, découvert dans le cadre du Décolonial Film Festival. C’est l’histoire d’une étudiante, Leila, qui veut montrer à son compagnon que la résistance coloniale a, en vérité, été menée par des femmes. On navigue dans son imagination, mais aussi dans l’existence bien réelle des femmes au sein des résistances palestinienne et libanaise. C’est un objet assez incroyable datant de 1984.
«TROUBLE DANS LE GENRE »,
JUDITH BUTLER (1990)
Le livre qui a changé ma vie, c’est Trouble dans le genre de Judith Butler. C’était aussi le premier essai féministe que j’ai lu. Cela mettait des mots sur un vécu — tout comme No Logo de Naomi Klein à cette époque. Cependant, toute l’œuvre de Butler est dense et passionnante. On l’a beaucoup réduite à la question du genre, mais c’est une philosophe contemporaine centrale. Je conseille notamment Qu’est-ce qu’une vie bonne ? ou Dans quel monde vivons-nous ?