Les recos culturelles de l’autrice Chloé Thibaud
Cher·e vous, la journaliste et autrice de Pourquoi les hommes ont peur des femmes n’a pas mis de point d’interrogation à son titre. C’est une phrase déclarative. Après Désirer la violence, Chloé Thibaud étend son expertise de la pop culture au décryptage des stéréotypes qui accablent les filles et les femmes pour mieux les rendre terrifiantes. J’ai nommé : les tentatrices, les castratrices, les hystériques... Autant de qualificatifs à charge, qui ne cachent que l’angoisse de voir les femmes échapper au patriarcat. Besoin de le voir pour le croire ? Observez les éditorialistes apeurés lorsqu’elle parle de son sujet en plateau. Le sursaut à l’idée qu’une femme critique l’ordre établi dans ce qu’on lit, regarde ou écoute est réel, mais elle ne compte pas s’arrêter là. Dommage pour ses détracteur·ices, déconstruire le male gaze peut être positivement addictif.— Mélissa Chidiac
«THE LURE»,
AGNIESZKA SMOCZYŃSKA (2015)
Ce film, moitié horreur moitié comédie musicale, m’a fascinée parce qu’il propose une réinterprétation assez barrée de La Petite Sirène d’Andersen. Nous suivons deux sœurs, Silver et Golden, qui sortent de l’océan pour devenir les vedettes d’un night-club super kitsch. Leurs voix captivent les hommes, certains sont très perturbés à l’idée d’avoir une relation avec une créature “à queue“, et d’autres jouent avec le feu… Car les sirènes n’ont pas le droit de tomber amoureuses. Si cela arrive, elles doivent dévorer celui qu’elles aiment sous peine d’être changées en écume. Miam !
«HEARTSTOPPER», ALICE OSEMAN (2022-2024)
Adaptée de la BD créée par Alice Oseman, Heartstopper est l’une de mes séries “doudou“ et elle est idéale pour les ados : douce, inclusive et profondément réconfortante. J’aurais aimé avoir une telle représentation à mon époque, avec des personnages gays et bisexuels traités avec autant de justesse et de tendresse. C’est une histoire romantique mais pas mielleuse, dont je parle souvent lors de mes interventions dans des établissements scolaires.
«DERRIÈRE LE SOLEIL», FRIEDA (2025)
Cet EP est une merveille. J’ai découvert Frieda avec son titre Freedom et j’ai eu la chance de la voir plusieurs fois sur scène. Sa puissance vocale, son charisme et son engagement sont aussi percutants que ses textes. Elle parle du syndrome de l’impostrice, de la procrastination, de notre monde qui sombre… tout en apportant une lumière et une sensibilité qui donnent envie de (se)bouger ! Elle a aussi lancé sa chorale, le Pawa Club, la plus cool des safe places.