N°12 : Furie
JUIN 2026
On nous préfère apaisantes, patientes, mesurées. Mais que se passe-t-il quand nous débordons ? Alors qu’autour de nous le monde brûle, notre colère est légitime. L’exprimer est nécessaire, et foutre le feu… est tentant. Dans ce numéro, on explore la figure de la furie, entre saine colère et véritables enjeux de santé mentale.
Au sommaire du N°12
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Pas de deux
Lauren Bastide a rencontré l’autrice Claire Touzard et l’humoriste Mamari, qui toutes deux s’interrogent sur les ponts entre colère et santé mentale, quitte à refuser de les dissocier.
—Texte: Lauren Bastide . Photos: Lisa Miquet.
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Décryptage
Longtemps, la journaliste Christelle Murhula a cru qu’il fallait adoucir sa colère. Puis elle regardé les plus jeunes refuser de se taire, refuser de s’excuser. Et si, finalement, être une «femme noire en colère» n’était pas un problème, mais une réponse?
—Texte: Christelle Murhula. Photos: Alexandra Obochi.
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Portfolio
La photographe Agnès Geoffray a recréé, à partir d’archives, des portraits de jeunes filles enfermées dans des maisons de redressement il y a un siècle.
—Texte: Clémentine Gallot.
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Forte tête
Rappeuse au style singulier, Eesah Yasuke développe un univers où rage et sagesse se mélangent à parts égales. Même chuchotés, les mots qu’elle prononce ont autant d’impact que des balles. Et ses cartouches, elle les réserve à la défense des causes nobles, comme les droits des enfants.
—Texte: Ouafae Mammeche. Photos: Ame Blary.
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Gonzo
Les «rage rooms», ces lieux où vous pouvez payer pour passer vos nerfs à coup de batte de baseball ou de marteau, sont fréquentées en immense majorité par des femmes. Des jeunes femmes, même. Selon des chiffres suisses ou anglais, elles représentent entre 80 et 90 % des utilisateur·ices. On aimerait se dire surprises que le besoin d’exprimer une violence réprimée soit si largement féminin... Mais ce serait mentir. Alors on y est allées, pour voir.
— Texte: Mélissa Chidiac. Images: Marie Quéau.
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Art Herstory
Et si, en donnant une voix aux femmes qui peuplent nos tableaux, on réécrivait un bout de l’histoire de l’art ? Dans ce numéro, laissez-nous vous raconter l’histoire des figures mythologiques que sont les Furies, divinités vengeresses et chasseuses d’hommes criminels. Et comment elles auraient pu exister hors de la violence masculine.
—Texte: Pauline de Quatrebarbes. Photos: Clémentine Ecobichon.
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Focus
La photo de manifestation est devenue un genre à part entière, qu’on a l’impression de connaître par cœur : la photographe Émilie Désir, dont nous publions ici les clichés, nous offre un autre regard, au plus près de ces soulèvements de rue.
— Texte: Mélissa Chidiac. Images: Émilie Désir.
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Gonzo
Initié par deux danseuses latinas, le projet Cuerpas traduit sous forme chorégraphique les manifestations ayant lieu en Amérique latine: Tifen Marivain raconte son expérience dans ce grand corps collectif.
— Texte: Tifen Marivain. Images: Hanna Pallot.
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Nouvelle rubrique !
Elles sont dans notre radar parce qu’elles incarnent le thème “furie” et nous inspirent, chacune à sa façon.
— Texte: L'‘équipe de Gaze.
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L’équipe de Gaze vous fait ses recommandations culturelles autour du thème «furie» !
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Témoignages
Quand avez-vous bien fait de vous mettre en colère ? Nous vous avons posé cette question pour vous mêler à la création de ce dossier, et que vous nous racontiez les moments où vous avez laissé s'exprimer votre rage, sans jamais le regretter. Voici les coups de sang que vous nous avez confiés.
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Billet d’humeur
Comme si la vieillesse ne suffisait pas à renvoyer les femmes à la marge, le stigmate de la folie achève de les rendre indésirables aux yeux de la société. L’autrice Camille Scali fait le portrait de ces aïeules tourmentées à travers sa propre mère, souffrant de troubles bipolaires.
Texte : Camille Scali. Photos: Claire Legrand Loyola.
À découvrir aussi dans ce numéro...
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Décryptage
En Asie du Sud-Ouest et en Afrique du Nord, les femmes misent sur ce métal. De génération en génération, elles construisent un patrimoine tangible pour assurer la sécurité de leurs descendantes.
– Texte: Donia Ismaïl. Photos: Maya Inès Thouam.
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Billet d’humeur
À quoi ressemble un·e «bon·ne» migrant·e? Nous sommes 7,7 millions en France, soit 11,3 % de la population. Plus de la moitié d’entre nous sont des femmes. Qu’est-ce qui nous donne, plus qu’à d’autres, le droit de rester? lui...
—Texte: SofÍa Viramontes. Images: Kmar Douagi.
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Portfolio
Chez Sheida Soleimani, les souvenirs deviennent des contes surréalistes. Avec Ghostwriter, elle transforme l’histoire d’exil de ses parents, réfugié·es politiques iranien·nes, en théâtre symbolique peuplé d’animaux, d’objets et de paysages instables.
– Interview: Clarence Edgard-Rosa.
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Panthéon Personnel
Quelles femmes trouverait-on dans votre panthéon personnel? C’est au tour de la musicienne Lolo Zouaï de partager le sien.
— Propos recueillis par Mélissa Chidiac
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Icône
L’écrivaine états-unienne Ursula K. Le Guin était une pionnière de la littérature engagée. La journaliste Claire Roussel, qui elle aussi écrit de la fantasy, s’interroge sur l’héritage que nous a laissé cette écoféministe, dont la prise de conscience politique se dévoile au fil de ses romans.
Texte : Claire Roussel.
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Fiction
Dans chaque numéro de Gaze, nous publions un nouveau chapitre d’une fiction écrite à plusieurs mains. C’est l’écrivaine Phoebe Hadjimarkos Clarke (Aliène, éd. du sous-sol, 2024) qui a débuté cette histoire mettant en scène une femme rejoignant un réseau clandestin de sorcellerie. Elle a passé le relais à la poétesse Stéphanie Garzanti (Poèmes Karaoké, Cambourakis, 2025) qui le passe à présent à Chouf (Vie Mort Vie, Combo Éditions, 2025).
– Texte: Chouf. Illustrations: Melek Zertal.