Les recos culturelles de la photographe Delfina Carmona

 

Bonjour !
Les clichés de notre invitée créent une tension entre ce qui est visible et ce qui est caché. Un mélange d’intimité, de désir et parfois, un léger sentiment bizarre, voire inquiétant. C’est Delfina Carmona. La photographe et directrice artistique argentine, basée à Berlin, s’est sans aucun doute déjà retrouvée sur vos moodboards —ses images sont carrément des moods. Loin de moi l’idée de résumer son travail à des anglicismes, mais Delfina Carmona sait retranscrire des états d’esprit, comme l’idée des jours simples ou encore celle d’avoir un cœur en or. Brillantes sont aussi ses recos culturelles et inspirations, qu’elle partage ici avec nous. — Mélissa Chidiac

« HAMNET »,
CHLOÉ ZHAO (2025)

J’ai été profondément émue par l’adaptation du roman de Maggie O'Farrell. Ce film m’a marquée d’une manière subtile, mais tenace. Ce qui m’a le plus marquée, c’est la façon dont Chloé Zhao aborde le deuil à travers l’atmosphère, l’absence et les petits gestes, plutôt que par des éléments explicites ou dramatiques. On a parfois l’impression de pouvoir presque le toucher. Je suis très attirée par ce type de narration, où l’émotion passe par les images et les textures plutôt que par des explications.


«NOTRE PART DE NUIT»,
MARIANA ENRIQUEZ (2019

Ce qui me fascine, c'est la façon dont elle construit une atmosphère à la fois émouvante et dérangeante. Il y a une tension constante entre l'intime et le surnaturel, le personnel et le politique. Son écriture est très visuelle, presque cinématographique, et je suis séduite par la façon dont l'obscurité et la beauté coexistent dans un même espace. Cette dualité est très proche de mon propre travail, et ce livre a été une énorme source d'inspiration pour moi.


« TIDAL »,
FIONA APPLE (1996)

Tidal est un album vers lequel je reviens sans cesse. Même après toutes ces années, et bien que ce ne soit pas le genre de musique que j’écoute le plus. Il dégage une intensité émotionnelle qui semble très directe, mais sans jamais tomber dans la simplification. C’est un album vulnérable, parfois dérangeant et je m’identifie beaucoup à cet équilibre : vouloir exprimer quelque chose de profondément personnel tout en s’appliquant sur la forme et la maîtrise.


 
 
 
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Les recos culturelles de l’autrice Érika Nomeni