Les recos culturelles de la réalisatrice Laura Samani
Cher·e vous,
On est peut être plusieurs à avoir déjà souhaité ça : être la seule fille. La Schtroumpfette parmi les Schtroumpfs, « the only girl in the world » comme chantait Rihanna. Un certain frisson à l’idée d’être appréciée d’un environnement masculin, comme une salle de classe peuplée de garçons féroces qui s’adoucissent à la vue d’une belle fille. Ce sentiment doux-amer, qui valorise autant qu’il isole, Laura Samani l’a exploré de très près, puisque son second film, Une année italienne, s’inspire de sa propre expérience au lycée technique de Trieste dans les années 2000. Le temps d’une année scolaire, on assiste à la grande récréation que peuvent être les relations filles-garçons à cet âge crucial, le tout sur des airs de la chanteuse italienne iconique Elisa. À ne pas manquer au cinéma ! — Mélissa Chidiac
«HOLY SMOKE»,
JANE CAMPION (1999)
Ce film m’a profondément marquée par sa manière d’aborder le désir, la domination sur les corps féminins et la quête d’autonomie à travers la rébellion. Ruth, l’héroïne, est un personnage farouche et indomptable. Quelle énergie ! Ce que j’apprécie le plus, c’est que la critique de Campion ne se limite pas à l’autorité masculine : elle remet en cause tous les systèmes de domination, y compris la famille. C’est un film provocateur, visionnaire et grotesque. Je l’adore.
«GILMORE GIRLS»,
AMY SHERMAN PALLADINO
(2000 - 2006)
À l'époque, les séries diffusées à la télévision italienne reléguaient les personnages féminins à des rôles secondaires ou à des objets de désir. Dans Gilmore Girls d'Amy Sherman-Palladino, Rory, Lorelai et Emily s'imposaient au cœur de l'intrigue. On les suit dans leurs conflits liés à leurs générations, leurs identités et rôles sociaux. C’était un peu comme si on disait : "Parlons plutôt de nous !"
« PIPES & FLOWERS »,
ELISA (1997)
Cet album a marqué un tournant : les débuts d’une artiste de vingt ans, originaire de la petite ville de Monfalcone, la mienne ! Je suis fan d’Elisa depuis lors. Elle y chante en anglais, et s’inspire d’Alanis Morissette et des Cranberries. C’est avec cet album que j’ai appris l’anglais, en chantant des émotions que je ne comprendrais pleinement que plus tard. Dans mon film, Une année italienne, elle enregistre une chanson spécialement pour la bande originale, avec Gian Maria Accusani, « Più niente ».